présentation du spectacle

Russie , 1942. 

 

Loin du front, un petit dépôt de chemin de fer est confié à la garde de l'adjudant chef Fédot Evgravitch Vaskov, un homme simple qui a le coeur sur la main mais dans la tête tout le réglement rien que le réglement.

 

Mais voici que l'on remplace ses soldats par des soldates, des jeunes filles supposées plus sérieuses ce qui ne manque pas de perturber le calme du campement.

 

La guerre aurait pu passer ainsi, or un jour, l'une des filles tombe sur une patrouille allemande. Vaskov prend cinq de ses filles avec lui et se met en chasse. Marécages et forêts. Immensité et petits soldats bientôt coupés de tout. La vie et les rêves de chacun continuent malgré la peur et la fatigue.

 

Et dans ce paysage où l'on se tue car l'on ne se connaît pas, se dessine cette rencontre poétique parfois drôle entre l'absurdité du réglement militaire et l'insouciance doublée par la franchise de la jeunesse: rencontre entre Vaskov et ses soldates.

 

Mais les allemands sont beaucoup plus nombreux que prévu. Soudain tout bascule...

 

Alors on se bat sans savoir contre qui, peut-être simplement contre l'idée même de la guerre.

 

L'AUTEUR

     Boris Vassiliev est né en 1924 à Smolensk puis a vécu à Moscou. Il a fait la guerre de 1941 à 1945. Depuis 1954, il s'est consacré à la littérature.

 

Pièces de théâtre, scénarii et plublications de cinq romas qui rencontreront un grand succès en Russie et à l'étranger.

 

Il est décédé le 11 Mars 2013 et a été enterré avec les honneurs militaires.

L'ADAPTATION

Ici les aubes sont plus douces, sorti en Russie en 1969 est le premier roman de Boris Vassiliev. Il est un classique de la littérature russe   (prix d'Etat et prix Komsomol). En 1980, la traduction du roman est publiée aux éditions Robert Lafont.

 

 

En 1971, Youri Lioubimov, grand metteur en scène et comédien au Théâtre Taganka en Russie, écrit une adaptation théâtrale du roman. 

Avant 2013, aucune traduction de cette pièce n'existait. L'année dernière , à la demande de notre compagnie, Marie Céline Courilleault et Kiril Isakov se sont chargés de la traduire en français.

 

 

En 2005, Svetlana Alexievitch publie La guerre n'a pas un visage de femme. Un recueil de témoignages des femmes soviétiques parties au combat pendant la seconde guerre mondiale.

LE ROMAN

Et si la beauté d'une histoire ne résidait pas dans ses actes mais dans la manière avec laquelle on la raconte?

 

Nous sommes parties un an en Biélorussie à la rencotre des successeurs de Constantin Stanislavski. Au delà d'une école de théâtre, nous avons rencontré des hommes et des femmes qui nous ont dit à travers leurs larmes que leur pays s'est battu pour les autres sans reconnaissance et que leur situation aujourd'hui ne correspond pas à leur dévouement. 

 

Puis il y a eu la rencontre éclatante et sincère avec Madame Lidia Alexievna Monakova (Directrice de l'Académie des Arts de Minsk), son terrible amour pour les petites histoires humaines et son désir de nous faire lire l'ouvrage de Boris Vassiliev:

Ici les aubes sont plus douces.

 

 

 

 

 

 

NOTE D'INTENTION

En 2015, nous avons crée la première adaptation théâtrale française du roman de Boris Vassiliev. Elle intègre des textes de Svetlana Alexievitch et s'inspire aussi pour la mise en scène du travail de Youri Lioubimov.

Nous y avons découvert l'histoire méconue de ces jeunes filles s'offrant passionnément pour un combat qui n'est pas le leur mais qu'elles s'approprient pour lui donner un sens.

 

Combien étaient-ils alors, hommes et femmes, à défier la mort pour ressortir de la guerre vainqueurs et non victimes?

 

Lorsque ces femmes racontent leur départ au front, par amour pour la patrie, pour un homme ou simplement parce que c'est là-bàs qu'il faut aller si l'on veut vivre quelque chose, l'absurde de la guerre surgit brutalement.

 

Certaines n’ont pas seize ans lorsqu’elles prennent les armes et rouge aux lèvres pour « ne pas mourir laide ». 

 

Parmis elles Vaskov incarne ce personnage tragique et éternel de l'homme meurtri, sans enfant, ni réelle carrière qui craint que son existence aie été vaine. Il s'engouffre alors à la poursuite de cette troupe allemande comme à la poursuite de son destin. 

 

A travers les yeux de ses femmes, nous voulons rappeller l'horreur et l'absurdité d'une guerre, qui est certes celle d'hier mais qui se reproduit pourtant aujourd'hui. Peut-être par oubli...

UN PEU D'HISTOIRE

22 Juin 1941. L'Allemagne nazie envahit l'Union soviétique. Tous les hommes sont mobilisés. Mais très vite les bureaux de recrutement se trouvèrent envahis par de jeunes filles, de seize à vingt ans, se portant volontaires. 

 

En Russie près d'un million de femmes ont servi dans les armes. Et elles ne restaient pas seulement à l'arrière, elles étaient tireuses d'élite, pilotes d'avion, conductrices de chars. Elles constituaient, comme le disait Staline, "la réserve militaire".

 

On leur distribua des vêtements d'hommes, leurs crânes furent rasés. On leur appris, comme aux autres, à se défendre.

Beaucoup de ces jeunes femmes sont parties au combat en fuguant de chez elles, certaines habitées par le désir de vengeance, d'autres par utopie et d'autres en rêvant de devenir des héroïnes de l'Histoire.

 

Mais il n'y eu aucune gloire pour elles car, en 1945, elles furent souvent écartées des honneurs de la guerre et on leur ordonna vivement de se taire et de reprendre leur place de femme au foyer.

 

" Vous vous souvenez les filles, on tenait nos fusils comme des poupées."